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COP22 & sustainable development

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Réunis à Marrakech au titre de la COP22, quelque 200 pays se sont mis d’accord pour mettre au point d’ici à décembre 2018 les règles d’application de l’accord sur le climat conclu l’an dernier à Paris. Cet accord prévoit de maintenir la température mondiale « bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels » et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C ». Nous avons interviewé Ali JIAR, expert en ingénierie numérique qui est intervenu dans l’un des ateliers relatifs au numérique.

Maire Adjoint au développement économique et au Numérique de Sevran – Membre du Comité Stratégique Numérique Grand PARIS – Expert en ingénierie Numérique Diplômé de l’Ecole Centrale Paris – Cycle des Hautes Etudes Européennes de l’ENA Promotion Emma Bonino. https://www.facebook.com/ali.jiar.9 https://twitter.com/ali_jiar

 

 

QUESTION- Monsieur JIAR, vous avez participé aux débats de la COP22. Quelques mois après, avec le recul, pouvez-vous nous livrer vos impressions ?

Ali JIAR – Je me félicite de cette heureuse percée pour l’humanité : l’accord de Paris est désormais ratifié par 111 pays et 47 ont décidé de passer à 100% d’énergies renouvelables d’ici à 2050 !

Q- « Les principaux résultats négociés et initiatives lancées lors la COP22 montrent la voie pour une action climatique irréversible » souligne le site officiel. Monsieur JIAR, décision vaut-elle action ? Etes-vous optimiste et ces perspectives sont-elles encourageantes ?

AJ- Vous avez raison de tempérer ma réaction. Il est important en effet de s’en tenir aux dynamiques. Seuls un élan continu et une coopération active à l’échelle internationale permettront d’éviter les écueils. En priorité, il me semble primordial de convaincre l’administration américaine de ne pas considérer le changement climatique comme « une mystification chinoise ». Malheureusement envisageable, il n’est absolument pas souhaitable que Donald TRUMP  –comme il l’a annoncé durant sa campagne électorale– se démarque des règles du jeu actuelles et abandonne l’accord de Paris dans les 100 premiers jours de son mandat. La vigilance est aussi de mise sur l’effet global de ricochet qu’engendrerait  le revirement des politiques américaines sur la revitalisation de l’industrie du charbon et la réduction des dépenses sur l’énergie propre

Q- Une feuille de route permet-elle à l’horizon 2018, d’établir un dialogue visant à mesurer les progrès des objectifs définis lors de la COP21 à Paris ?

AJ- Non, et c’est effectivement une lacune, car la COP22 n’établit pas une telle feuille de route. Il est donc plus qu’impératif de mettre en place un système légalement contraignant de contrôle et de surveillance –à seule fin de vérifier chaque 5 ans la mise en oeuvre des engagements en termes de réduction de gaz à effet de serre. Dans ce contexte, la création d’une Commission de Conformité dans le délai le plus court est primordiale.

cop22

Monsieur Ali JIAR – COP22 – Marrakech

Q- La question financière est-elle solutionnée ? La transparence assurée ?

Elle devrait l’être rapidement car prévue pour 2018. Il faut noter que l’on ne sait toujours pas qui va payer les 100 millions de dollars annuels promis qui devraient permettre aux pays du Sud de s’ajuster d’ici 2020.. La différentiation entre les pays en voie de développement et les pays développés doit être définie afin de trouver un équilibre entre adaptation (limiter l’endommagement causé par le changement climatique) et mitigation (réduction des gaz à effet de serre).

Quant à la transparence, il va falloir trouver des règles communes pour mesurer d’une manière neutre le progrès achevé par les pays dans l’implémentation des objectifs. Si notre ambition est d’atteindre zéro émission entre 2050 et 2100, nous devrions utiliser d’avantage d’outils tel le nouveau fonds de transparence, auxquels l’Australie, le Canad
a et l’Allemagne sont déjà prêts à injecter 50 millions dollars.

Q- Comment relever ces défis ?

Comme l’a souligné dans son discours inaugural le roi Mohamed VI, le numérique va principalement jouer le rôle décisif de vecteur favorisant l’atteinte des 17 objectifs de développement durable[1] qui conjuguent les dimensions économiques, sociales et environnementales.

D’abord parce que l’analyse des données climatologiques permet de mieux diagnostiquer et solutionner les problèmes, en facilitant l’accès à l’information et une meilleure visualisation, notamment des hot spots qui sont le plus impactés par le changement climatique. Puis, comme près de 54% de la population mondiale vit en ville, l’adaptation nécessaire de nos modes de consommation et de production. Ainsi le concept d’agriculture verticale qui place des capacités de productions au cœur des villes et sur les grattes ciels avec le digital, est en plein développement. Né à New York en 1999, mis en œuvre actuellement à Singapour, il laisse présager un avenir
optimiste en termes de diminution d’empreinte écologique.

Q- Les entreprises qui développent ces types des technologies propres ne devraient-elles pas être d’avantage soutenues par les gouvernements ?

AJ- Bien évidemment ! Mais nous  devons rapidement nous atteler aux  trois questions suivantes omises lors des négociations de l’ONU : les émissions provoquées par les transports aérien et  maritime, la définition de cibles pour 2050 et l’établissement d’une feuille de route pour l’abandon des combustibles. Concernant ce dernier point, un régime d’échange de charbon, similaire à celui qui sera introduit en Chine l’an prochain, pourrait être établi dans plusieurs pays.

Il faudra donc ne pas tarder à passer à l’action car les 5 prochaines années seront vitales pour se maintenir sous 1,5 degré d’augmentation des températures globales et préserver notre planète de nouvelles catastrophes naturelles.

 

[1], fixés en septembre 2015 à l’ONU

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